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Les sites classés au patrimoine mondial sont des lieux avec des caractéristiques spécifiques qui permettent de les distinguer des autres sites. Ils sont considérés uniques et ont une «valeur universelle exceptionnelle» (VUE) qui reflète la richesse et la diversité du patrimoine culturel et naturel de la Terre. En raison de cette valeur exceptionnelle, les sites du patrimoine mondial appartiennent à tous les peuples du monde, quel que soit le territoire sur lequel ils se trouvent. Leur protection profite donc à chacun d’entre nous et, par conséquent, il est du devoir de la communauté internationale dans son ensemble de coopérer à leur préservation.

Le parc national de Coiba et sa zone spéciale de protection marine (SZMP) ont été inclus dans la liste des sites du patrimoine mondial de l’Unesco en 2005. C’est une région d’une beauté à couper le souffle qui agite le cœur de ses visiteurs. Mais en dehors de sa beauté, qu’est-ce qui rend Coiba spécial? Quelle est sa valeur universelle exceptionnelle?

Pour être inscrit sur la liste du patrimoine mondial, un site doit répondre à au moins 1 des 10 critères de sélection. Coiba répond aux critères de l’Unesco IX (être des exemples éminemment représentatifs de processus écologiques et biologiques en cours dans l’évolution et le développement des écosystèmes et communautés de plantes et d’animaux terrestres, aquatiques, côtiers et marins) et X (contenir les habitats naturels les plus représentatifs et les plus importants pour la conservation in situ de la diversité biologique, y compris ceux où survivent des espèces menacées ayant une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de la science ou de la conservation).

En termes simples, Coiba détient une phone et une flore qui sont essentielles au bien-être de notre planète. Coiba est extrêmement riche dans sa biodiversité, avec beaucoup d’espèces végétales et animales introuvables ailleurs dans le monde. Dans de nombreux cas, ces espèces jouent un rôle clé dans les processus responsables du maintien de la santé de nos océans, et ce maintien est essenciel. C’est pourquoi Coiba est un site du patrimoine mondial et pourquoi il doit être protégé.

Les États qui adhèrent à la Convention du patrimoine mondial, possèdent des sites sur la liste sur leur territoire national et ont pour responsabilité de protéger ces valeurs du patrimoine mondial. Les avantages de rejoindre la liste sont multiples. Premièrement, il permet de sensibiliser la population à la préservation du patrimoine. Il donne accès au fonds du patrimoine mondial. Les sites élus bénéficient également de l’élaboration et de la mise en œuvre d’un plan de gestion complet et d’experts qui proposent une formation technique aux équipes de gestion locale du site.

Le Comité du patrimoine mondial est composé de représentants de 21 États qui font parties de la Convention, élus pour un mandat de six ans maximum. Ils se réunissent une fois par an et sont responsable de la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial. Ils allouent l’aide financière du Fonds du patrimoine mondial et ont le dernier mot quant à savoir si un site peut être inscrit sur la Liste du patrimoine mondial. Ils examinent également les rapports sur l’état de conservation des sites inscrits et décide de l’inscription ou du retrait des sites sur la Liste des patrimoines mondiaux en péril.

Le Comité du patrimoine mondial peut inscrire sur la Liste des patrimoines mondiaux en péril des lieux menacés pour leurs valeurs de patrimoine mondial et, une fois qu’un site a été inscrit sur la Liste des patrimoines mondiaux en péril, le Comité peut accorder une aide immédiate. Le Comité, en collaboration avec l’État concerné, élabore et adopte ensuite un programme de mesures correctives, puis surveille la situation du site. Il alerte également la communauté internationale afin qu’elle puisse joindre ses efforts pour sauver ces sites menacés.

Nous portons de l’intérêt sur cet aspect car que le Comité du patrimoine mondial a averti l’Etat du Panama que si la gestion de Coiba et de la SZMP continuait dans la même direction, le Comité envisagerait d’inclure le site sur la Liste du patrimoine mondial en péril. En d’autres termes, le Comité estime que la valeur universelle exceptionnelle de Coiba et de son SZMP pourrait être en danger.

Une équipe de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) est venue visiter Coiba du 28 novembre au 3 décembre 2016 afin relever les préoccupations de conservation au Comité du patrimoine mondial. Le 30 janvier 2017, l’État du Panama a présenté un rapport sur l’état de conservation du site. Les deux rapports sont disponibles ici. Vous trouverez un résumé des conclusions et décisions adoptées par le Comité dans sa dernière réunion (Projet de décision: 41 COM 7B.17) ici. Pour résumer, le Comité a indiqué que:

  • la gestion de la composante marine de Coiba continue d’être confrontée à des défis importants et des déclins ont été signalés concernant certaines valeurs marines clés et peu de progrès ont été signalés dans la mise en œuvre des demandes du Comité relatives à la gestion et au contrôle de la pêche.

  • le projet de régulation proposé par l’État autorise des types d’activités incompatibles avec le statut de patrimoine mondial du site, en particulier la pêche industrielle.

Le message à retenir est que certaines activités de pêche sont autorisées dans le parc par l’Etat, ce qui est absolument incompatible avec le statut de patrimoine mondial de Coiba et qui ont un impact négatif sérieux sur la valeur universelle exceptionnelle de Coiba. Ce qui est le plus troublant et frustrant, c’est que le Comité du patrimoine mondial a exprimé à plusieurs reprises ses préoccupations à l’État du Panama au cours des dernières années quant à l’absence de régulation efficace de la pêche au sein du site. Le Comité a demandé à plusieurs reprises au Panama de prendre des mesures immédiates pour assurer que la pêche soit strictement contrôlée, que la pêche industrielle soit totalement interdite et que les activités de pêche autorisées soi durables. Le Comité du patrimoine mondial a indiqué que si, à sa 42e session en 2018, il n’y avait pas eu de progrès substantiels dans la protection du site contre la pêche non durables, Coiba et son SZMP pourraient figurer sur la Liste des patrimoines mondiaux en périls.

Bien que l’inscription de Coiba sur cette liste puisse être perçue comme un déshonneur, il s’agit peut-être d’un bon tournant, concentrant l’attention internationale sur ses problèmes et sollicitant l’aide d’experts pour les résoudre. Nous pensons cependant que l’inscription de Coiba dans le patrimoine mondial en péril ne serait pas nécessaire si l’État se conformait aux demandes du Comité du patrimoine mondial. Il est à espérer que l’État du Panama prendra note des demandes et que nous pourrons bientôt voir des changements positifs majeurs dans la gestion de l’environnement marin de Coiba. La réserve est un endroit spécial, qui fait partie de notre patrimoine naturel et devrait être traité comme tel. Ne l’oublions pas.

–  Rodrigo Villarino

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